La Voie du parfum

Frédérique Bruyas lecture – Adrien Frasse-Sombet violoncelle

Textes de Jean Giono,  Italo Calvino, Patrick Süskind, Jean-Claude Ellena, Chantal Jaquet…
Musique de Jean Sébastien Bach, Thierry Machuel, Danse de Yao et improvisations

Le parfum est un éveil parce qu’il sollicite tous nos sens. Il peut nous renvoyer à des émotions du passé en nous convoquant ici et maintenant. Un voyage dans le temps et l’espace par le corps et l’esprit dont témoigne admirablement le Kodo japonais ou la « Voie du parfum ».
Le célèbre parfumeur Jean-Claude Ellena raconte une des formes que cette cérémonie peut prendre. Après avoir brûlé dix parfums des bois aromatiques précieux, chaque participant écrit un poème pour préciser ce que celui-ci a éveillé en lui. La philosophe Chantal Jaquet à qui j’emprunte cette formule « Écouter les odeurs » lui a consacré un livre dans lequel elle cherche à expliciter l’esthétique propre à cette cérémonie japonaise.
Les auteurs, quant à eux, prêtent au parfum des vertus fantastiques qui exposent ou protègent ceux qui les portent.

Sous les han, l’aristocratie chinoise se servait abondamment de parfums artistement agencés, surtout à l’époque de la chasse impériale. En temps normal, quelques grains d’anis et de l’huile de coings suffisaient, mais quand rhinocéros et tigres surgissaient du noir des forêts ou du brouillard des marécages, quand il fallait se mettre « en frais, nus et sans armes » devant les bêtes féroces, quand les chars de guerre grondaient comme tonnerre, quand les chevaux faisaient tinter leurs clochettes et « bondissaient comme des carpes », quand les étendards claquant dans le vent, quand tigres, léopards, cerfs, sangliers, ours géants, pêle-mêle pourchassés, éclataient en griffes et dents, alors on avait vraiment besoin d’un parfum spécial pour « rappeler l’âme », car il fallait bien se garder de se conduire en boucher.

De certains parfums de Jean Giono
(La Pléiade)

adrien-frasse-sombetAdrien Frasse-Sombet
Violoncelliste virtuose, Adrien Frasse-Sombet a toujours voulu faire partager sa passion du violoncelle et de la musique instrumentale au public le plus large. Après avoir travaillé avec les plus grands violoncellistes, remporté de nombreux concours et donné d’innombrables concerts, il n’a de cesse de transmettre ses émotions musicales avec l’aide de son instrument, conçu en 1710, à Venise, par Matteo Goffriller. Ce jeune violoncelliste veut briser les frontières qui entourent encore le violoncelle, en allant vers le public dans d’autres lieux d’écoute que les salles de concert ou grâce aux nouveaux moyens de communication. Récemment, il s’est rendu en Chine, dans le cadre des rencontres « France – Chine », invité par Pierre Cardin, membre de l’Institut de France. Il a participé aux émissions d’Eve Ruggieri (Antenne 2), Stéphane Bern (France Inter) et Gaëlle Le Gallic (France Musiques).
http://frassesombet.wix.com/frasse-sombet

Durée : 1h

Je chante le corps électrique

Poèmes élémentaires

2019 Bicentenaire de la naissance du poète américain Walt Whitman


Frédérique Bruyas
lecture – René Miller guitare blues chant

Poèmes de Walt Whitman extraits de Feuilles d’herbe (traduction de Léon Bazalgette 1909)
Musique blues de Chicago, Memphis, Delta, New Orleans…

Walt Whitman est un poète dont la modernité est exemplaire. Né en 1819, son enthousiasme est un baume et une invitation à partir sur les routes à la rencontre de la nature et des êtres qu’elle porte.
Sa poésie célèbre la vitalité du corps et de l’esprit dans une langue directe. C’est lui-même qui nous appelle à le lire à voix haute et claire.

Toi mon corps ! Comment oserais-je trahir ton image en mes semblables, hommes ou femmes, oserais-je trahir tes organes, 
Tant j’ai conviction que ton image est étroitement soudée à l’image de mon âme (qu’elle est mon âme elle-même),
Tant j’ai conviction que ton image est étroitement soudée à mes poèmes, qu’elle est mes poèmes eux-mêmes,
Poèmes de l’homme, la femme, l’enfant, l’adolescent, l’épouse, l’époux, la mère, le père, le garçon, la jeune fille,

Cheveux, cou, tête, oreilles, lobe, tympan,
Yeux, franges de l’œil, iris de l’œil, sourcils, éveil ou chute des paupières,
Bouche, langue, lèvres, dents, voûte du palais, mâchoires et leur pivot,
Nez, narines, cloisons nasales,         
Joues, tempes, front, menton, gorge, nuque, axe du cou,
Carrure, barbe virile, omoplates, haut du dos, ample cercle de la cage thoracique,
Humérus, aisselle, trochlée du coude, avant-bras, muscles, os du bras,
Poignet, attache du poignet, main, paume, carpe, pouce, index, joints, ongles, 
Envergure du poitrail, toison bouclée sur la poitrine, sternum, seins,
Côtes, ventre, vertèbres, colonne de vertèbres,
Hanches, glènes des hanches, vigueur des hanches, cirque interne externe du bassin, bourses d’homme, racine sexuelle,
Puissant couple des cuisses, assise mobile du tronc,
Tendons des jambes, genou, rotule, fémur, tibia,
Chevilles, cou-de-pied, voûte plantaire, doigts, tarses, talon

>> Écouter un extrait sonore

René MillerRené Miller
Musicien louisianais installé à Paris depuis une quinzaine d’années, René Miller chante le Delta Blues avec le talent et l’autorité des premières générations. Il crée au début des années 2000 le René Miller’s Wedding Band. Le groupe commence à jouer dans la rue et devient très vite une des formations les plus dynamiques de Paris.
Pour accompagner la voix de Frédérique Bruyas, René Miller mélange le jazz, le blues, le gospel, le dixieland et même la pop music avec une émotion et une énergie tout droit sorties de Bourbon Street.

Durée : 1h

J’avais quelque chose d’important à vous dire

Raconter la vie


Frédérique Bruyas
lecture – Adrien Frasse-Sombet violoncelle

Textes extraits de Un chemin de tables (Maylis de Kérangal), Un homme à la crèche (Thomas Grillot), La vie en boîte (Catherine Rollot), L’homme-océan (Sylvie Caster), Le corps des autres (Ivan Jablonka)…
Musique Jean Sébastien Bach, Thierry Machuel, Georges-Robert Vallée et improvisations

Pierre Rosanvallon a compris avant tout le monde que la société française a profondément changé. De nouvelles manières de vivre et de travailler ont émergé, fragmentant et isolant ceux qu’il nommait déjà « les invisibles ». « Le parlement des invisibles » sera d’ailleurs le premier titre d’une collection « Raconter la vie » qu’il crée en 2014 aux Éditions du Seuil.
Livre-manifeste, la ligne éditoriale se propose de donner la parole aux invisibles pour lutter contre l’ignorance d’autrui et faire le pari d’une démocratie narrative.
Romanciers, jeunes chercheurs en sciences sociales, journalistes se mettent à l’écoute et se font les porte-paroles d’une réalité sensible.

Au collège, Natalia voulait être esthéticienne. Elle a fait son stage de troisième chez BODY’minute. Comme ses professeurs, les employés lui disaient : « Tu es intelligente, tu lis des livres, fais autre chose ! »
Aujourd’hui, dans une soirée ou un dîner, il arrive que les gens lui demandent ce qu’elle fait dans la vie. Après un moment d’hésitation, elle répond. La plupart du temps, son métier n’intéresse personne et on change rapidement de sujet. […] Parfois, elle essuie des moqueries : « Alors, t’as épilé des culs, t’as fait des pieds pourris ? »
Natalia répond qu’elle prend soin des autres, comme pourrait prendre soin de ses patients une infirmière. Une infirmière n’est pas dénigrée, alors qu’elle fait des lavements et des toilettes intimes. « C’est peut-être bête de poser du vernis, mais la cliente arrive avec des ongles moches, elle ressort avec des ongles beaux, qui ont une belle forme, une couleur et elle est contente. Il y a des clientes un peu dépressives, qui sont complètement seules, qui ont perdu leur boulot et, quand elles sortent de l’institut, elles sont métamorphosées : le fait de pouvoir parler, le fait que quelqu’un se soit occupé d’elles. » Et Natalia conclut : « J’ai honte de dire aux gens que je suis esthéticienne et j’ai honte d’avoir honte. »

Le Corps des autres de Ivan Jablonka
(Éditions du Seuil « Raconter la vie », 2015)

adrien-frasse-sombetAdrien Frasse-Sombet
Violoncelliste virtuose, Adrien Frasse-Sombet a toujours voulu faire partager sa passion du violoncelle et de la musique instrumentale au public le plus large. Après avoir travaillé avec les plus grands violoncellistes, remporté de nombreux concours et donné d’innombrables concerts, il n’a de cesse de transmettre ses émotions musicales avec l’aide de son instrument, conçu en 1710, à Venise, par Matteo Goffriller. Ce jeune violoncelliste veut briser les frontières qui entourent encore le violoncelle, en allant vers le public dans d’autres lieux d’écoute que les salles de concert ou grâce aux nouveaux moyens de communication. Récemment, il s’est rendu en Chine, dans le cadre des rencontres « France – Chine », invité par Pierre Cardin, membre de l’Institut de France. Il a participé aux émissions d’Eve Ruggieri (Antenne 2), Stéphane Bern (France Inter) et Gaëlle Le Gallic (France Musiques).
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Durée : 1h

Je sais aujourd’hui saluer la beauté

Poètes en grande reconnaissance

Printemps des Poètes 2019

Frédérique Bruyas lecture – Adrien Frasse-Sombet violoncelle

Textes Poèmes de Charles Baudelaire, Arthur Rimbaud, Antoine de Saint-Exupéry, Nicolas Bouvier, Jacques Rebotier, Christophe Tarkos…
Musique de Jean-Sebastien Bach, Frédéric Chopin, Thierry Machuel, George-Robert Vallée…

Quand Arthur Rimbaud déclare « Je sais aujourd’hui saluer la beauté », Jacques Rebotier comprend qu’elle « se dérobe sous nos pas de chercheurs de beauté ».
Les poètes savent qu’avant de pouvoir l’écrire, il faut pouvoir la reconnaître pour soi et la laisser nous surprendre là où on ne l’attend pas. 

LITANIE DU CHERCHEUR DE BEAUTÉ

Quand on vise la beauté on ne la trouve pas
When we aim at beauty we do not find it
Il n’existe aucun moyen de trouver la beauté
There is no way to find beauty
La beauté se dérobe sous nos pas de chercheurs de beauté
Beauty slips away beneath the beauty seeker’s feet

Ne pas rechercher le parfait, le beau. Ne pas écrire
No looking for what is perfect, what is handsome. No writing
Ne pas y penser
No thinking about it
Ne pas hommes intéressés
No, self-interested men

La beauté connaît seule son propre chemin
Beauty alone knows beauty’s path
La lumière de l’hiver est plus nette
The winter light is sharper
Seulement suivre le chemin, ne pas essayer de marcher vers
Just following the path, no trying to walk towards
Ce chemin que l’on ne connaît pas
This path we don’t know
Les mots seuls connaissent
Words alone know
[…]

Jacques Rebotier

adrien-frasse-sombetAdrien Frasse-Sombet
Violoncelliste virtuose, Adrien Frasse-Sombet a toujours voulu faire partager sa passion du violoncelle et de la musique instrumentale au public le plus large. Après avoir travaillé avec les plus grands violoncellistes, remporté de nombreux concours et donné d’innombrables concerts, il n’a de cesse de transmettre ses émotions musicales avec l’aide de son instrument, conçu en 1710, à Venise, par Matteo Goffriller. Ce jeune violoncelliste veut briser les frontières qui entourent encore le violoncelle, en allant vers le public dans d’autres lieux d’écoute que les salles de concert ou grâce aux nouveaux moyens de communication. Récemment, il s’est rendu en Chine, dans le cadre des rencontres « France – Chine », invité par Pierre Cardin, membre de l’Institut de France. Il a participé aux émissions d’Eve Ruggieri (Antenne 2), Stéphane Bern (France Inter) et Gaëlle Le Gallic (France Musiques).
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Durée : 1h

L’ardeur au combat

Poésie incandescente


Frédérique Bruyas
lecture – Fadhel Messaoudi luth oriental

Textes Poèmes de Mahmoud Darwich, Anna Akhmatova, Dimitris Dimitriadis, Nazim Hikmet, Paul Eluard, Ingrid Jonker…
Musique pour luth oriental solo et improvisations

Que partagent ces poètes ? Une même ardeur au combat contre l’oppression. Qu’elle soit fasciste, communiste, sous le régime de l’apartheid, la rage de Dimitris Dimitriadis essuie les larmes d’Anna Akhmatova quand la détermination de Mahmoud Darwich rencontre la fragilité d’Ingrid Jonker, sans oublier la prison pour Nazim Hikmet ou encore la soif de liberté de Paul Eluard. Voix incandescentes dont les accents rebelles nous encouragent à vivre les yeux grands ouverts, à désirer un monde « sans laissez-passer ».

Mai 1994 : Mandela lit devant les députés médusés le poème d’Ingrid Jonker.

L’enfant n’est pas mort
l’enfant lève les poings contre sa mère
qui crie Afrique crie l’odeur
de liberté, du veld
dans les townships du cœur ceinturé

L’enfant lève les poings contre son père
au défilé des générations
qui crie Afrique crie l’odeur
d’équité, de sang
dans les rues de sa fierté guerrière

L’enfant n’est pas mort
ni à Langa ni à Nyanga
ni à Orlando ni à Shaperville
ni au poste de police de Philippi
où il gît une balle dans la tête

L’enfant est l’ombre des soldats
en faction avec des fusils, blindés et matraques
l’enfant est de chaque meeting de chaque loi
l’enfant lorgne par les fenêtres des maisons et dans le cœur des mères
l’enfant qui voulait simplement jouer au soleil à Nyanga est partout
l’enfant devenu homme traverse toute l’Afrique
l’enfant géant voyage de par le monde

Sans laissez-passer

Ingrid Jonker
(Éditions Bruno Doucey)

Fadhel MessaoudiFadhel Messaoudi

Né à Gabès en Tunisie en 1967, il s’initie d’abord au chant et à la percussion puis il se tourne vers le luth arabe (oud). Après avoir reçu une solide formation classique, il s’illustre en remportant les premiers prix de nombreux concours.

C’est en France que sa carrière débute véritablement, ayant accès aux archives de la musique classique arabe, il découvre de véritables trésors auxquels il décide de se consacrer. Musicien virtuose, il approfondit son art dans l’approche de la musique classique arabe qui privilégie l’improvisation et de l’exploration modale.

Durée : 1h

Apollinaire et ses amis

2018 Centième anniversaire de la mort du poète


Frédérique Bruyas
lecture – Adrien Frasse-Sombet violoncelle

Poèmes de Guillaume Apollinaire, Blaise Cendrars, Gertrude Stein, Jean Cocteau, Picasso, Mireille Havet, …
Musique pour violoncelle solo et improvisations

Apollinaire et ses amis avaient le goût de vivre, l’audace de subvertir les formes pour mieux saisir les turbulences de l’esprit et croyaient corps et âme en la toute puissance de la création.
Leurs poèmes épousent les mouvements de la pensée dans une fidélité à ce qu’ils voient, ce qu’ils sentent. Flux sonore pour Gertrude Stein, écriture automatique pour Picasso ou encore poésie cinétique pour Blaise Cendrars, autant de voies nouvelles pour une esthétique du monde moderne.

C’est ce désir du monde
qui m’hallucine !
La hantise de ce qui reste à créer
dans les contrées
neuves comme mon ardeur.
Mireille Havet

Illustration : Guillaume Apollinaire et ses amis par Marie-Laurencin (1909)

adrien-frasse-sombetAdrien Frasse-Sombet
Violoncelliste virtuose, Adrien Frasse-Sombet a toujours voulu faire partager sa passion du violoncelle et de la musique instrumentale au public le plus large. Après avoir travaillé avec les plus grands violoncellistes, remporté de nombreux concours et donné d’innombrables concerts, il n’a de cesse de transmettre ses émotions musicales avec l’aide de son instrument, conçu en 1710, à Venise, par Matteo Goffriller. Ce jeune violoncelliste veut briser les frontières qui entourent encore le violoncelle, en allant vers le public dans d’autres lieux d’écoute que les salles de concert ou grâce aux nouveaux moyens de communication. Récemment, il s’est rendu en Chine, dans le cadre des rencontres « France – Chine », invité par Pierre Cardin, membre de l’Institut de France. Il a participé aux émissions d’Eve Ruggieri (Antenne 2), Stéphane Bern (France Inter) et Gaëlle Le Gallic (France Musiques).
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Durée : 1h

La vraie bombe, c’est le livre

Littérature et anarchie


Frédérique Bruyas
lecture – Adrien Frasse-Sombet violoncelle

Textes d’Octave Mirbeau, Elisée Reclus, Fernando Pessoa, Louise Michel, Pierre-Joseph Proudhon, Stéphane Mallarmé, John Dos Passos, …

Musique pour violoncelle solo et improvisations

De l’humour décapant d’Octave Mirbeau à la mauvaise foi de Pessoa, en passant par l’expertise d’Elisée Reclus et la détermination de Louise Michel, autant de vies et de regards sur l’anarchie dont le maître mot reste la liberté.
Liberté de tons, d’approches, de mener le combat pour une vie affranchie de toutes les « fictions sociales » qui nous assignent à résidence ou comme l’écrivait Proudhon « le gouvernement de l’homme par l’homme est absurde et illégal ». 

« Une chose m’étonne prodigieusement, j’oserais dire qu’elle me stupéfie, c’est qu’à l’heure scientifique où j’écris, après les innombrables expériences, après les scandales journaliers, il puisse existe encore dans notre chère France (comme ils disent à la Commission du budget) un électeur, cet animal irrationnel, inorganique, hallucinant, qui consente à se déranger de ses affaires, de ses rêves ou de ses plaisirs, pour voter en faveur de quelqu’un ou de quelque chose. Quand on réfléchit un seul instant, ce surprenant phénomène n’est-il pas fait pour dérouter les philosophies les plus subtiles et la raison ? […] Les moutons vont à l’abattoir. Ils ne se disent rien, eux, et ils n’espèrent rien. Mais du moins ils ne votent pas pour le boucher qui les tuera et pour le bourgeois qui les mangera. Plus bête que les bêtes, plus moutonnier que les moutons, l’électeur nomme son boucher et choisit son bourgeois. Il fait des révolutions pour conquérir ce droit. »
Extrait de LA GRÈVE DES ÉLECTEURS (1888), Octave MIRBEAU, Éditions L’Herne

adrien-frasse-sombetAdrien Frasse-Sombet
Violoncelliste virtuose, Adrien Frasse-Sombet a toujours voulu faire partager sa passion du violoncelle et de la musique instrumentale au public le plus large. Après avoir travaillé avec les plus grands violoncellistes, remporté de nombreux concours et donné d’innombrables concerts, il n’a de cesse de transmettre ses émotions musicales avec l’aide de son instrument, conçu en 1710, à Venise, par Matteo Goffriller. Ce jeune violoncelliste veut briser les frontières qui entourent encore le violoncelle, en allant vers le public dans d’autres lieux d’écoute que les salles de concert ou grâce aux nouveaux moyens de communication. Récemment, il s’est rendu en Chine, dans le cadre des rencontres « France – Chine », invité par Pierre Cardin, membre de l’Institut de France. Il a participé aux émissions d’Eve Ruggieri (Antenne 2), Stéphane Bern (France Inter) et Gaëlle Le Gallic (France Musiques).
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Durée : 1h

Les chanteuses littéraires

Cabaret littéraire


Frédérique Bruyas
lecture et chantJérôme Soulas accordéon

Textes de Philippe Minyana, James Joyce, Pierre Mac Orlan, Henri-Pierre Roché…
Chansons de Boris Vian, Serge Rezvani, Raymond Asso, Léon Agel…

Il est des chansons qui ressemblent à des nouvelles et des romans qui inspirent des chansons. Mais pour cela, il faut des auteurs comme Pierre Mac Orlan qui rassemblait les paroles de ses chansons sous le titre Poésies documentaires ou de Serge Rezvani qui les considère comme son Journal chanté. Alors glisser d’un texte à une chanson, du parlé au chanté comme le prolongement d’une pensée qui s’envole en musique.

« Au coin de la rue des Saules
la silhouette souple et fragile de Simone
avec désinvolture s’est dressée dans la nuit,
seule au milieu du trottoir humide
délicatement surveillée par les réverbères
posées comme des agents de police au-dessus de la mêlée…
La jeune femme a les cheveux coupés et frisés
comme ceux de la Sulamite.
Sa cloche de feutre noir est enfoncée ainsi qu’un casque.
Elle marche, et derrière elle
elle entraîne la nuit, l’odeur des choux de la banlieue,
les rues sinistres d’un soir de peste mémorable.
Dans l’angle photogénique des coins des rues
Guette l’attaque nocturne aux jarrets d’acier.
Mademoiselle Simone ne craint rien
car elle a des relations
qui l’empêchent momentanément de mourir un brin
tout au moins de cette façon. »
Pierre Mac Orlan

Jérôme SoulasJérôme Soulas dit Jéjé le Soufflet

Accordéoniste de l’orchestre le Petit Bal de Poche, il a gardé de sa Bretagne natale le souvenir ému de flambées au feu de bois, quand, tout petit, il ravivait vaillamment les braises du kig a farz. Dès lors, il ne quitta plus son soufflet, lui ajoutant quelques appendices, boutons, lames, ressorts, réalisant petit à petit l’objet que l’on connaît aujourd’hui sous le nom d’accordéon. Après de multiples aventures bretonnes, avec les groupes Yog Sothoth, puis Electric Bazar Cie, Tango Sumo, Le Bastringue… Jéjé, ou Yann-Yann, décide d’élargir ses horizons. Il quitte alors Plougastel-Daoulas, apprend la langue française et s’installe à Paris. Il rencontre alors Lulu la Cagette et Pierrot La Glace et partage avec eux la passion des valses musettes des vieux maîtres Tony Murena et Jo privat. Se souvenant alors de la cheminée et du kig a farz, il décide avec ses nouveaux amis de ragaillardir ce répertoire sous-estimé.

En duo avec Frédérique Bruyas pour ce cabaret littéraire, Jérôme Soulas accompagne aussi la lectrice avec ses complices du Petit Bal de Poche pour une autre formule originale de lecture scénique : Le bal littéraire.
http://bruyas.net/scenes-de-bal

Durée : 1h

Jack London blues

1916-2016 Les cent vies de Jack London


Frédérique Bruyas
lecture – René Miller chant et guitare blues

Textes extraits de Martin Eden, Ce que la vie signifie pour moi, Le vagabond des étoiles, Le peuple d’en bas, …
Musique blues traditionnels de Chicago, Memphis, Delta, New Orleans, …

Jack London s’est éprouvé au contact de la vie réelle et vécue avec le regard de l’écrivain qui en a saisi l’essence et en fait la matière de ses romans, ses essais, ses pamphlets. C’est cette dépense en tout qui a fait de lui un homme conscient et engagé dans son époque et dont l’œuvre ne cesse de répéter que l’existence est une aventure.

« Tout lui était bon : l’amour, la poésie, les tremblements de terre, le feu, les serpents à sonnette, les arcs-en-ciel, les pierres précieuses, les monstruosités, les couchers de soleil, le rugissement des lions, le gaz d’éclairage, le cannibalisme, la beauté, le meurtre, l’adultère, le centre de gravité et le tabac. Il unifiait ainsi l’univers et le contemplait, tantôt en bloc, tantôt en vrac, en se promenant dans ses allées, ses détours et ses jungles, non comme un voyageur sans but terrifié par l’épaisseur du mystère, mais, comme un cartographe désireux de se familiariser avec tout ce qu’il y avait à connaître. Et plus il en savait, plus il admirait le monde, la vie en général et la sienne en particulier. » Jack London

René MillerRené Miller
Musicien louisianais installé à Paris depuis une quinzaine d’années, René Miller chante le Delta Blues avec le talent et l’autorité des premières générations. Il crée au début des années 2000 le René Miller’s Wedding Band. Le groupe commence à jouer dans la rue et devient très vite une des formations les plus dynamiques de Paris.
Pour accompagner la voix de Frédérique Bruyas, René Miller mélange le jazz, le blues, le gospel, le dixieland et même la pop music avec une émotion et une énergie tout droit sorties de Bourbon Street.

Durée : 1h

Frankenstein et autres romans gothiques

La poétique du mort-vivant


Frédérique Bruyas
lecture – Xavier Bussy clarinette basse, saxo soprano, guitare, clavier, …

Textes Mary Shelley, Matthew Gregory Lewis, Horace Walpole, William Beckford, Bram Stoker, Anne Radcliffe,…
Musique création de Xavier Bussy

Né au XVIIIème siècle avec la parution le 24 décembre 1764 du « Château d’Otrante » de Horace Walpole, le genre « gothic story » avait des racines profondes dont Shakespeare était l’un des inspirateurs avec des figures comme Richard III ou les sorcières de Macbeth. De Manfred à Frankenstein en passant par Ambrosio ou Matilda, les personnages de ces romans gothiques évoluent dans des cryptes, cloîtres, forêts et passages souterrains où s’ébranlent leurs esprits et celui du lecteur.

« Venez, donnez-moi la main ! Mon art surpasse tout ce que jamais mortel a connu. Venez, jeunes filles, venez ! Mes miroirs magiques peuvent vous montrer les traits de votre futur mari. Car c’est à moi qu’est donné le pouvoir d’ouvrir le livre du destin, de lire les arrêts du ciel et de plonger dans l’avenir.
Je guide le char d’argent de la lune pâle ; je retiens les vents dans des liens magiques ; j’endors par mes charmes, le dragon rouge, qui aime à veiller sur l’or enfoui.
Protégée par mes sortilèges, je m’aventure impunément aux lieux où les sorcières tiennent leur sabbat étrange ; j’entre sans crainte dans le cercle du magicien, et je marche sans blessure sur les serpents endormis.
— Chère tante, dit Antonia quand l’étrangère eut fini, n’est-ce pas une folle ?
— Une folle ? Non pas ma fille ; c’est seulement une réprouvée. » Matthew G. Lewis

Xavier BussyXavier Bussy
Musicien raffiné, Xavier Bussy a le goût de la mélodie. Son intention : valoriser un système mélodique simple servi par des arrangements sophistiqués. Son domaine de prédilection : un romantisme exacerbé, maltraité par des rythmes lancinants.
C’est sur scène qu’il fait ses armes en accompagnant au saxophone et à la clarinette divers artistes, du jazz à la chanson en passant par le rock (Rachel des Bois, Clair-Obscur, Eddy Louiss, Anthony Ortega…). Mais très vite le désir de composer se développe : musiques de scène pour le théâtre, composition originale pour Lancôme, créations des albums du groupe BUSSY (rock lyrique qui explore l’univers d’Edgar Poe). Avec la complicité de Frédéric Jaillard, il coréalise l’album « Comme un manouche sans guitare » de Thomas Dutronc et reçoivent en 2009 une Victoire de la Musique.
http://xavierbussy.wix.com/xavierbussy

Durée : 1h